Actualités

Ma lettre du député de décembre 2019

Madame, Monsieur,

Le mardi 3 décembre, la France a pu s’honorer de graver dans la pierre la « working definition » de l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) de l’antisémitisme.

Face au retour de ce fléau, j’estimais, en effet, qu’il était du devoir de la représentation nationale de poser un acte fort et de mettre des mots sur ce qu’est le nouvel antisémitisme, dans la droite ligne du Parlement européen en 2017 et du Conseil de l’Union européenne en 2018, qui ont reconnu la justesse et l’efficacité de cette définition de l’IHRA. Ainsi, à mon initiative, la proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme a été adoptée par l’Assemblée nationale à 154 voix contre 72.  

En effet, dans le cadre de mes fonctions en tant que Président du groupe d’études contre l’antisémitisme à l’Assemblée nationale, j’étais parti en déplacement les mercredi 23 janvier et jeudi 24 janvier 2019 à Bruxelles, puis à Berlin. J’avais ainsi pu échanger avec de nombreuses personnalités, très actives sur la problématique de l’antisémitisme.

Avec Daniel Botmann, Directeur de la Communauté juive allemande et mes homologues au Bundestag, j’ai pu comparer les pratiques allemandes avec les pratiques françaises pour mieux lutter contre l’antisémitisme, notamment sur les réseaux sociaux. En Allemagne, ces derniers encourent 20 millions d’euros d’amende pour un contenu haineux laissé plus de 24h. Au printemps dernier, la proposition de loi de ma collègue Laetitia Avia, visant à lutter contre la haine sur internet, a été dans ce sens.

Nous avons également travaillé sur la définition de l’antisémitisme avec les députés européens. Avec mes collègues de mon groupe d’études, nous avons alors souhaité transcrire en droit français la définition juridique de l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme dans notre législation française.

En octobre dernier, j’étais parti à Chicago, suite à l’invitation de l’Illinois Holocaust Museum & Education Center pour m’exprimer sur le thème de l’antisémitisme et la menace qu’il fait peser au niveau mondial. J’avais ainsi pu présenter ma proposition de résolution visant à mieux lutter contre l’antisémitisme.

A cette occasion, j’avais été particulièrement touché par le témoignage de Fritzie, rescapée d’Auschwitz. Juive polonaise déportée à 13 ans, elle avait accepté de témoigner après 50 ans de silence pour que ses petits-enfants prennent conscience l’atrocité mais aussi l’humanisme des Hommes.

Elle est un peu ma grand-mère, mais aussi la vôtre. Pour ne pas oublier et transmettre.

Après un travail de plus de deux ans avec le groupe d’études antisémitisme, transpartisan, que je préside, à l’Assemblée nationale, accompagné de mes 130 collègues cosignataires, j’ai eu l’honneur de présenter le 3 décembre dernier, une proposition de résolution visant à lutter contre l’antisémitisme.

Depuis plusieurs années, la France, l’ensemble de l’Europe, mais aussi la quasi-totalité des démocraties occidentales, sont confrontées à une résurgence de l’antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.

En 2018, ce sont 541 actes antisémites qui ont été commis sur le territoire français selon le ministère de l’Intérieur. Une hausse de 74% par rapport à 2017.

Sarah HALIMI, Ilan HALIMI, Mireille KNOLL, Philippe BRAHAM, Yohan COHEN et bien d’autres encore… ont été sauvagement assassinés en France, parce que juifs.

Ainsi, il était venu le temps des actes. C’est dans ce contexte particulièrement dramatique que la France, au même titre que les 16 pays de l’Union européenne, a adopté la définition de l’antisémitisme contemporain de l’IHRA, votée par le Parlement européen en 2017, ce mardi 3 décembre 2019. Désormais, l’antisémitisme en France se définit comme « une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. »

Les mots ont en effet un pouvoir décisif ; c’est en nommant les choses que l’on est capable de s’y confronter. Parce que l’antisémitisme est une haine qui se réinvente sans cesse, il fallait trouver de nouveaux moyens pour le combattre.

Cette résolution, n’est juridiquement pas contraignante, elle n’a pas vocation à l’être. Elle ne modifie pas le code pénal, ni la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Comme l’a rappelé le président de la République lors du dîner annuel du Crif, le 20 février dernier : Il s’agit de préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent derrière le rejet d’Israël la négation même de l’existence d’Israël. La haine des Juifs la plus primaire.

Avec cette résolution, il est maintenant possible de mieux qualifier les attaques antisionistes qui seraient motivées par une haine des Juifs, sans pour autant empêcher les critiques à l’égard des politiques menées par l’État d’Israël.

En France, nous avons toujours placé les libertés d’expression et d’opinion comme deux des valeurs les plus fondamentales de notre république. Mais la haine de l’autre n’est pas une opinion et une insulte antisémite ne doit pas être vue comme une preuve d’indépendance d’esprit mais seulement d’ignorance, un délit.

Ce texte permet de rassembler, de faire corps avec nos fondamentaux, nos principes républicains et de proclamer haut et fort la fraternité universelle pour encore mieux lutter contre l’antisémitisme.

Durant cette année 2019, chaque jour, avec la majorité, nous avons cherché à améliorer votre quotidien et celui de vos enfants :

  •  en augmentant le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes de manière inédite car le travail doit payer plus ;
  •  en accélérant la transition écologique pour bâtir un modèle de société durable pour notre planète ;
  •  en poursuivant la redynamisation de notre économie et déjà le chômage baisse.

L’année prochaine, vous pourrez de nouveau compter sur ma détermination pour continuer à soutenir avec le même engagement la modernisation de la France, cela passera notamment par la reforme des retraites. Une réforme de justice sociale où chaque euro cotisé donnera les mêmes droits.

Retrouvez ma vidéo en cliquant sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=ikQT20cT9xA

D’ici là, je vous souhaite de très bonnes fêtes et une belle année 2020, avec une pensée particulière pour toutes les personnes isolées et celles qui travailleront en cette fin d’année.

Partager cet article